Les origines du KTT Côte basque

 

C‘est la cérémonie de la coiffe noire, accomplie par sa Sainteté le XVI°  Gyalwa Karmapa, en 1977 à Dhagpo Kagyu Ling, qui fut déterminante dans l’histoire du KTT Côte Basque.                                                                

Eugène Deherme y assistait.  Ce  moment tellement particulier et tellement intense a marqué sa mémoire.Il prendra refuge avec sa sainteté et sera reçu pour un entretien individuel.                                                                                         

Cérémonie
de la Coiffe Noire

Cette cérémonie est le rituel essentiel des Karmapas. Elle  remet en scène le couronnement originel de Tusoum Khyenpa (1er Karmapa 1110-1193) par les Dakinis, réaffirmant la place de chaque Karmapa dans la lignée des Karmapas et invoquant Avalokiteshvara comme source de la lignée.

      Le XVIème Gyalwa Karmapa avait émis le souhait que des centres, affiliés à Dhagpo, se créent dans différentes villes de France afin de donner une expansion maximale aux enseignements du Bouddha.                                                          

Lama Jigméla entreprit dés l’automne 1980 son tour de France. En 1981 il donnera, à Bayonne, sa première conférence. Il insufflera l’énergie nécessaire à la création du KTT CôteBasque et assistera Eugène Deherme pour la mise au point des statuts.

 Le 16 février 1982 le KTT Côte Basque voit le jour, deuxième centre de France après Périgueux.                  

 Ce qui lui vaut d’être cité dans le premier Tendrel :


« Grâce à l’énergie d’Eugène Deherme et d’Isabelle, un deuxième centre a été créé à Biarritz. Une quarantaine de personnes se sont réunies, en avril, chez un ami sympathisant pour trois jours d’enseignements donnés par Guendune Rinpoché, qui fut d’ailleurs interviewé par un journaliste de la station F.R.3 locale

Un peu plus tard Eugène organisait avec Urquijo Alvaro, un San Sébastiannais, l’introduction de personnes espagnoles au Dharma à l’occasion d’un séminaire estival avec Khempo Rimpoché. Ce fut une réussite qui devint encore plus évidente à la visite suivante de Lama Guendune:120 personnes dont 50 de nos amis espagnols assistèrent à la projection du film sur Rumtek « Le monastère aux cent mille arcs-en-ciel », tourné au Sikkim, suivie d’une conférence sur le Bouddhisme, et le lendemain, d’enseignements sur le refuge et la bodhicitta.Aux dernières nouvelles, après une visite de Son Eminence Shamarpa en septembre, le groupe organise son implantation,et pour faciliter cette réalisation, vient de créer une association. »

 

Ces années-là furent très riches, très denses en enseignements et conférences. Ceux qui les ont vécues parlent d’une véritable pluie de lamas. Lama Tsony, Lama Rintchen assuraient les traductions. Les lamas étaient reçus par les membres du KTT ou les sympathisants. Isabelle Deherme et Liliane Pivot se souviennent de la venue de Gyaltsap Rimpoché, incarnation de Vajrapani et Régent, de Lama Jigméla et Son Eminence Shamarpa accompagnés de leur mère. 

« Ce n’était pas évident pour nous de les recevoir car il y avait tout un protocole à respecter et notamment servir du thé au beurre salé…. »

Entre les années 1981 et 1984 Lama Guendune se déplacera cinq fois sur Bayonne.

 

 

Le KTT Côte Basque avait déjà le plaisir de recevoir Lama Namgyal et notamment en 1983 .

extrait du Tendrel n° 3« Le week-end du 16 et 17 octobre, nous avons eu la joiede recevoir Namgyal. Le samedi soir, il donna une conférence publique dans une M.J.C à Bayonne où il décrivit et où nous pratiquâmes les trois formes de méditation sur SHINE (méditation avec concentration sur le souffle, méditation   TONGLEN et méditation sans support).


Grâce à cette conférence, nous avons pu faire connaître le Centre à quelques nouveaux venus. 
La journée du dimanche fut entièrement consacrée aux pratiques préliminaires.               Cette journée à Bayonne s’est passée chez P. Legall qui a eu la gentillesse de nous prêter sa maison. La matinée fut consacrée aux prosternations et, l’après-midi, à la méditation de Dordjé Sempa.
La méditation de Tchenrézi clôtura cette journée.

A l’issue de cette session, nous avons décidé de nous retrouver un
dimanche par mois pour pratiquer les prosternations et Dordjé Sempa de
façon intensive. »

A cette époque le souci majeur du KTT était de trouver un local pour pratiquer ensemble et se retrouver.

En 1983, Jean et Marie Claude Lessieux font l’acquisition d’une grande
maison sur Cambo et proposent d’y installer le KTT : extrait du Tendrel
n° 4

 


« Début février, nous avons reçu le Khempo Tsultrim
Gyamtso. Une conférence publique fut organisée. Cette conférence attira
beaucoup de monde. Le lendemain, il y eut un enseignement chez P.
Legall. A l’issue de son séjour le Khempo nous a encouragés, en
soulignant l’importance que peut avoir un centre dans une région comme
la Côte Basque.
Le week-end du 17 et 18 mars, nous avons reçu Lama Jigmé. Une
conférence accompagnée du film ‘Monastère dans l’Himalaya’ fut
organisée à Bayonne, le samedi, puis le dimanche, Lama Jigmé donna un
enseignement chez P. Legall, sur le Gourou Yoga de sa Sainteté le
XVIème Karmapa.Ce week-end fut pour nous l’occasion de faire visiter à Lama Jigméla la
maison que Jean Lessieux vient d’acquérir à Cambo, maison dont il a
l’intention d’aménager le rez-de-chaussée en vue d’y créer un temple,
d’y recevoir des lamas et d’organiser des sessions d’enseignements.
Lama Jigmé a trouvé l’endroit excellent et nous a donné son accord pour
concrétiser ce projet. »

 

Les bénévoles travailleront dur à la restauration de l’endroit.

C’est appréciable d’avoir un local pour recevoir les Maîtres : extrait
du Tendrel n° 5

 


« Dés la rentrée de septembre 1983, les activités du
centre de Cambo ont vite repris, avec la visite du Vénérable Lama Jigmé
Tséwang et de Namgyal. Nous avons profité de la présence de Jigméla
pour nous réunir en assemblée générale.
Avec la venue de Gérard Muguet à Cambo, c’est sous un angle différent que nous avons abordé le Dharma. Une dizaine de personnes s’est réunie autour d’une grande table dans le temple pour dessiner et peindre le
Bouddha Sakyamouni. Et c’est avec les précieuses indications de Gérard
que certains ont pu commencer la couleur selon la tradition tibétaine.Après plus d’un an d’existence, notre petit groupe souhaite créer une
ouverture vers l’extérieur afin que ceux qui le souhaitent puissent
découvrir cette voie merveilleuse : le Dharma. »

 

 

1984, la 1ère retraite de 3 ans 3 mois 3 jours, se prépare. Le KTT Côte Basque décide d’apporter son soutien à Anila Rintchen, extrait du Tendrel n° 6 :

 

  1.     


« Le séjour d’Anila Rintchen en novembre fut pour nous l’occasion d’éclaicir les différents points et difficultés que nous pouvions rencontrer lors de notre pratique. Les réponses précises et claires que Rintchennous a donné furent précieusement
recueillies.

Nous nous sommes quittés en nous donnant rendez-vous dans trois ans
trois mois trois jours…Nous remercions Monique, qui pour la première fois est venue assurer des cours de tibétain. Les débutants ont étudié les rudiments de la
langue tibétaine. Ceux qui savent lire ont pu suivre le mot-à-mot des
‘Trente-sept pratiques d’un Bodhisattva’. Pour donner une continuité à
l’étude du tibétain, Monique reviendra assurer des cours à Cambo.Pour le stage de peinture sacrée qui avait lieu en mars avec Gérard
Muguet, nous avons continué le travail commencé lors du stage
précédent. Certains d’entre nous ont pu commencer le dessin de
Vajrapani. A la fin du stage, Gérard nous a présenté un petit diaporama
sur l’art tantrique.

Ensuite nous avons eu l’honneur de recevoir le Lama Tenpei Gyaltsen, qui lors
de sa conférence publique a réuni une cinquantaine de personnes, ce qui
nous donne un grand espoir quant au développement du KTT Côte
Basque. »  

 

 Le 17 mars 1984 est une date qui a marqué toutes les personnes proches de  Dhagpo : l’entrée en retraite des premiers disciples de Lama Guendune :

extrait du Tendrel n° 7 :


« Au Bost, c’est l’effervescence. Le grand jour de
l’entrée en retraite des disciples du Très Vénérable Lama Guendune est
arrivé. Ceux d’entre eux qui ne l’avaient pas fait jusqu’alors ont pris
leurs voeux le 12 mars, et, à cette occasion, ont revêtu la robe et se
sont fait raser la tête, dans l’enthousiasme.
Les futurs retraitants se sont, depuis quelques semaines, préparés à ce
jour solennel, sous la direction du Très Vénérable Lama Guendune.
Chacun a aménagé sa cellule selon ses goûts et ses
aspirations. »

 

 L’année 1985 sera marquée par une longue période de travaux au centre de Cambo, aucune session d’enseignement ou de pratique n’aura lieu pendant l’hiver.

La bibliothèque du KTT est créée.

L’automne sera riche en enseignements avec la venue de Lama Tenpeï
Gyaltsen : extrait du Tendrel n° 9 :

 


« Le jeudi 17 octobre, nous avons reçu Lama Tenpeï
Gyaltsen accompagné du moine Puntso. Les 22 et 23 octobre, nous fut
donné un enseignement sur le bardo auquel une soixantaine de personnes
a pu assister.
Nous avons également accueilli les 7 et 8 décembre le moine Yéshé et,
les 18 et 19 décembre, le Vénérable Lama Denis Teundroup. »

 

 

 1986, les travaux sont terminés. Le KTT est enfin dans ses murs et dispose de locaux adaptés à ses besoins. Les enseignements reprennent. Le moine Yéshé revient en début d’année pour un approfondissement des enseignements de base, en particulier Shiné. En mars, Lama Toupten et son traducteur Lodreu donneront un enseignement très détaillé sur Lodjong. A cette occasion les pratiquants recevront l’initiation et le loung de Tchenrézi.

Le KTT organise la ‘Semaine tibétaine’ : extrait du Tendrel n° 10
:

 


« Le 11 avril, arrivaient Lama Karta (qui vit à
Montchardon avec Lama Teunzang) et son traducteur Christian. Leur
arrivée coïncidait avec l’inauguration de la ‘Semaine tibétaine’ que
nous organisions. Pendant toute cette semaine, une exposition sur l’art
tibétain s’est tenue à l’Orangerie d’Arnaga, grâce à la sympathie
agissante de Mme le Maire de Cambo et du Conservateur d’Arnaga. Cette
manifestation a attiré un grand nombre de visiteurs, nous permettant de
nous faire connaître. D’autre part, trois conférences ont eu lieu à
cette même période, au Museé Basque de Bayonne : ‘Aspects du
bouddhisme’ par Lama Karta, ‘l’Art tibétain’ par Ngari Toulkou et la
‘Médecine tibétaine’ par J. Haesert.
Nous devons beaucoup de remerciements au moine Puntso et à Karine et à
Gérard Muguet pour l’aide très efficace qu’ils nous ont apportée
pendant cette semaine très prenante. »

Fin 86, Lama Toupten et son traducteur Lodreu séjourneront 6 jours à Cambo.                                                      A cette occasion les membres du KTT recevront l’enseignement et l’initiation de Tara Verte.


1987, l’année sera marquée par beaucoup d’émotions et de joies. Les moines 

Puntso et Yéshé reviendront à Cambo pour donner des enseignements et diriger des séances de méditations, avant d’entrer, à leur tour, en retraite de 3 ans 3 mois 3 jours. 

 

               

            Le KTT Côte Basque apportera son soutien à Lama Yéshé.

                                                                                                               Lama Yeshé       

                                                    

 

                                                    

                                                                                                                                    

                                                                                         

 L’autre évènement marquant sera la sortie des premiers retraitants et

les retrouvailles avec Lama Rintchen et Lama Namgyal : extrait Tendrel
n° 12 :


« Fin juin nous avons fêté le retour de Lama Rintchen,
qui a accepté d’être parmi nous un week end, et de Lama Namgyal, qui
passa à Cambo le 5 juillet. Nous fûmes nombreux à accueillir nos deux
retraitants. »  

1988 :
le KTT change d’adresse, il se trouvera désormais 5 place Pasteur à
Bayonne.

Cela fait maintenant bientôt 30 ans que les pratiquants ont plaisir à se
retrouver et à pratiquer dans ce lieu…